Avec la transition énergétique, des centaines de milliers d’emplois et autant d’opportunités professionnelles !

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Le 18 août 2015 une loi relative à la transition énergétique a été publiée au journal officiel. Cette « LTECV » s’accompagne de nombreux plans d’action visant à faire de la France un acteur majeur de la croissance verte en participant à la préservation de l’environnement renforçant ainsi son indépendance énergétique et donnant accès à l’énergie à moindre coût. Cette loi 2.0 s’inscrit dans le contexte général d’une transition des secteurs de l’énergie qui s’accompagne aujourd’hui d’une révolution du marché de l’emploi dont de nombreuses études tentent d’évaluer les aspects quantitatifs et qualitatifs. Les conclusions concordent : plusieurs centaines de milliers d’emplois non délocalisables seront créés.

Quels seront les emplois de l’énergie de demain ? Quels sont les principaux profils professionnels qui seront recherchés ? Qu’en est-il des profils liés au conseil, à l’audit, à l’expertise et à la formation ? Trois problématiques au cœur de la mutation énergétique.

La transition énergétique en quelques chiffres

Selon le commissariat général au développement durable, le montant de la facture énergétique de la France au 3e trimestre 2016 s’élevait à 31,4 M d’euros. Entre 2015 et 2016, cette facture est en baisse de 28,1% et atteint ainsi son plus bas niveau constaté depuis plus de 10 ans. Ces chiffres traduisent une mutation du secteur de l’énergie dont l’impact sur le marché du travail prévoit d’être positif.

D’après l’Irena, les énergies renouvelables représentaient 8,1 millions de postes en 2015 dans le monde. Ce chiffre illustre une hausse de 5 % entre 2014 et 2015. Le top 5 des employeurs du secteur des énergies renouvelable est constitué de la Chine, de l’Union européenne, du Brésil, des États-Unis et de l’Inde.

En France, une étude de l’ADEME et de l’OFCE conclu que, dans le contexte de la transition énergétique, 330 000 emplois seront générés d’ici 2030 et 825 000 emplois seront générés d’ici 2050. Une étude du CIRED indique que le scenario négaWatt prévoit une augmentation de l’ordre de 240 000 emplois d’ici 2020 et 630 000 emplois d’ici 2030.

Quels sont les secteurs et profils concernés ?

La transition énergétique touchera différents secteurs dont:

Le secteur des énergies renouvelables

D’après le syndicat français des énergies renouvelables, 125 000 emplois seront créés d’ici 2020 dans ce secteur. La filière la plus porteuse sera celle de l’installation et la maintenance de l’éolien solaire, de l’énergie marine et de la biomasse. Les profils recherchés seront variés notamment ceux de techniciens, électriciens, chefs de projet « énergies renouvelables » mais aussi ceux d’ingénieurs thermiciens ou en génie climatique et celui de conseillers en maitrise de l’énergie.

Le secteur des Smart grids

Le smart grid ou réseau électrique intelligent est une innovation illustrant l’usage de la technologie informatique dans le secteur de l’énergie. L’objectif de celui-ci est l’optimisation de l’efficacité de la production, du stockage et de la consommation de l’énergie dans le but d’une parfaite coordination des mailles d’un réseau électrique grâce au développement d’algorithmes informatiques. Le résultat final est alors un effet d’accroissement de la sécurité du réseau tout en réduisant le coût du processus. Ce nouveau secteur créera entre 50 000 et 100 000 emplois, majoritairement des profils d’ingénieurs en informatiques, et aidera à l’émergence de nouveaux métiers à forte valeur ajoutée tels que les « energy managers » (manager en charge d’organiser, planifier et gérer les dépenses en énergie d’une entreprise).

Le secteur des Bâtiments

Parmi les aspects de la LTECV, la rénovation du parc de bâtiments existants ainsi que l’amélioration des performances énergétiques des bâtiments neufs. La rénovation thermique des bâtiments et la mise en place de mesures d’efficacité énergétique étant des activités à forte intensité de main-d’œuvre, les principaux profils recherchés seront ceux de la construction spécialisés dans la performance énergétique et l’isolation thermique.

Le secteur des transports

D’après une étude du Cired, le transport en commun et le transport ferroviaire et fluviale verront naitre 215 000 emplois d’ici 2030 (160 000 dans le transport en commun et 55 000 dans le transport ferroviaire et fluvial). – Les emplois induits : En plus de son impact direct sur certains secteurs de l’énergie, la transition énergétique aura pour impact indirect sur l’économie. Ce dernier se traduira par une réduction du déficit de la balance commerciale française : les dépenses des ménages en énergie vont diminuer avec la baisse du coût de l’énergie ce qui augmentera leurs dépenses dans d’autres secteurs créant ainsi des emplois. Selon le Cired, ces emplois induits seront de l’ordre de 260 000 d’ici à 2025.

Les secteurs en perte de vitesse

Aujourd’hui, 75% de l’énergie produite en France est issue de la fusion et la fission nucléaire. Avec la transition énergétique en cours, les énergies fossiles et le nucléaire connaitront une baisse significative de leurs effectifs. D’après Henri Proglio, PDG d’EDF, en cas de sortie du nucléaire en France, « un million d’emplois seraient mis en péril » (Quirion, 2012). L’accompagnement de la transition des salariés concernés se fera notamment via une mutation de leurs postes vers les secteurs les plus porteurs de la transition énergétique.

Les évolutions induites sur les métiers du conseil, de l’audit, de l’expertise et de la formation

Finalement, au-delà de l’aspect quantitatif de la création de ces nouveaux emplois du 21e siècle, la dimension qualitative de ces emplois est essentielle. Dans ce cadre, les responsables des ressources humaines joueront un rôle clé dans la mutation du marché de l’emploi vers ces secteurs nouveaux. Ce rôle se traduira par le développement d’une méthodologie visant à étudier l’existant, évaluer les changements et développer des démarches de conduite de ces changements. Les objectifs seront alors : la mise en avant de l’intérêt de ces nouveaux emplois de la transition énergétique aux yeux des travailleurs, la garantie de la sécurité de ces emplois, le développement de formations visant à faciliter les potentielles réorientations et la mise en place de parcours qualifiants.

Au cœur de l’innovation, les métiers du conseil verront la nécessité de renouveler leurs méthodes et d’adapter leur expertise à cette mutation du monde du travail induite par la transition énergétique. Les investissements des entreprises dans le domaine de la performance énergétique prévoient de connaître une importante croissance, ce qui impliquera des opportunités dans les métiers du conseil en énergie. Le défi majeur sera alors celui de la formation de spécialistes dans un marché à la fois nouveau et en constante mutation.

En interne, l’efficacité de l’audit énergétique d’une entreprise repose sur trois facteurs majeurs : l’engagement de l’entreprise, le choix des spécialistes et la précision du cahier des charges établi. L’engagement de l’entreprise dans cette transition s’accompagnera soit du recours à des prestations externalisées, soit de la création en interne de postes spécialisés dans la question. Le choix d’une de ces deux stratégies dépendra des moyens de financement de l’entreprise en question et du poids des dépenses énergétiques dans son bilan financier. Quant à l’établissement d’un cahier des charges précis, il repose sur la capacité de l’entreprise à définir la nature et le périmètre de l’audit énergétique envisagé. Parmi les références en matière de management de l’énergie : la norme ISO 50 001, développée par l’agence internationale de l’énergie en 2011, qui vise à soutenir les entreprises dans leurs démarches de mise en place d’outils méthodiques de gestion de l’énergie.

Enfin, la formation de spécialiste dans les domaines propres aux énergies vertes est un sujet majeur de la transition énergétique qui était à l’ordre du jour durant la COP21. La conférence a abouti à la création d’une certification « verte » à la CPF, afin d’identifier les formations recherchées qui mobilisent des compétences en rapport avec la transition énergétique et le développement durable. Des travaux prospectifs sont à mettre en place par les ressources humaines des entreprises afin de sécuriser les parcours professionnels. L’objectif de ces travaux est d’identifier les secteurs dont l’activité est amenée à décliner et de proposer des reconversions aux salariés menacés par cette transition. Cela s’accompagnera d’offres de formations initiales et continues adaptées aux besoins futurs de l’entreprise.

Des vents contraires soufflent sur le marché de l’énergie : d’une part, une tendance internationale d’énergie verte laisse présager une pérennité du mouvement mondial vers un développement énergétique qui se veut durable, d’autre part, l’annonce controversée de Trump concernant le retrait des États-Unis de l’accord de Paris laisse planer une incertitude quant à la conduite de ces changements. Un potentiel ralentissement de l’avancée de l’industrie vers une économie verte est donc à prévoir, cependant, une chose demeure certaine, la transition énergétique est aujourd’hui une réalité tangible qui offrira à l’avenir d’innombrables opportunités d’emploi. L’efficacité de la mutation des entreprises vers l’énergie de demain reposera alors sur les moyens mis en place afin de s’adapter au mieux aux avancées du secteur. L’idée sera de centrer la réflexion sur une méthodologie visant à réunir les conditions de réussite de la conduite des changements humains au sein de l’entreprise. Les départements des ressources humaines joueront alors un rôle central dans cette mutation du marché du travail.

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