Le contrôle de CV: mythe ou réalité?

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Le CV, ce point de contact entre les candidats et les recruteurs. Le CV, à la fois détesté et adulé. Le CV, celui sans qui la machine « recrutement » ne tournerait pas. Alors oui, le CV tend à se dématérialiser. Il existe même de nouvelles manières de postuler à une offre d’emploi. Je pense à la vidéo (oui, je suis d’accord avec vous, c’est un CV mais dans un format différent) ou aux questionnaires (CF le partenariat entre le Pôle emploi et MyJobCompany). A coût sûr, de nouvelles formes de candidatures verront le jour dans les mois et années à venir. MAIS le CV reste l’outil de prédilection des recruteurs pour effectuer un premier « tri » sur les postulants à une offre. C’est quelque chose que j’ai pu observer lors de ma participation à #TruParis en mai dernier. Les nombreuses thématiques abordées durant cette journée concernaient la dématérialisation des candidatures et l’expérience mobile des candidats. Et le constat final était le même: les recruteurs ne savent pas et surtout ne voient pas comment remplacer le CV comme outil de candidature. D’ailleurs, même lorsque les candidats envoient leurs CV originaux, ils joignent à chaque fois un résumé de leurs activités professionnelles passées, comme un passeport emploi.

Le contrôle de CV, un droit et un devoir pour l’employeur

Alors puisque la candidature CV semble immuable, se poser la question du contrôle de référence est légitime. Et en cette période où le marché du travail est tendu, les candidats à l’emploi peuvent être tentés d’embellir leur CV. D’autres vont plus loin et n’hésitent pas à falsifier leur CV avec des fausses expériences professionnelles ou des faux diplômes. Afin de sécuriser son embauche et se couvrir en cas de dysfonctionnement professionnel, le recruteur doit s’assurer de la véracité des données affichées par le candidat sur son CV. Que dit la loi à ce propos? Depuis la loi du 3 décembre 1992, la justice considère que l’employeur a le droit et le devoir de vérifier les informations présentes sur les CV avant toute embauche. S’il ne le fait pas, c’est lui qui est en tort. A noter que les pratiques du recueil d’informations sont encadrées par le Code du travail. Vous pouvez consulter les Articles L 1221-6, L1221-7, L1221-8 et L1221-9 du Code du Travail.

Alors, puisque la justice considère que l’employeur a le droit et le devoir de vérifier les informations fournies par le candidat, le contrôle de CV est-il étape à laquelle les entreprises ne dérogent pas?

La vérification des références sur le CV? Peu d’employeurs s’y aventurent

bricoleur du dimanche

Et bien il semblerait que les employeurs manquent à l’appel. C’est même un sujet tabou en France. Pourquoi? D’abord parce que parler des pratiques mises en place dans le cadre d’une politique de recrutement est par nature un sujet sensible, de crainte d’être confronté à des polémiques néfastes pour l’image de marque de l’entreprise. Ensuite parce que bien souvent, le contrôle n’est pas fait, ou pas complètement. Du côté des employeurs, dans 29% des recrutements, la cellule recrutement ne vérifie pas les informations du CV et estime que l’entretien et la période d’essai suffisent à évaluer le candidat. La recherche de compétences plutôt que de savoir prédomine. Dans d’autres cas, ce contrôle de références s’effectue a posteriori du recrutement, lorsque le candidat ne réussit pas sa période d’essai.

Lorsque je discute avec des professionnels des Ressources Humaines du contrôle de CV, ils me font part des principaux freins qui les conduisent à ne pas toujours passer par cette étape:

  • le manque de temps: vérifier chaque diplôme et chaque expérience professionnelle, c’est une tâche chronophage
  • La crainte d’être dans l’illégalité: à cause d’une méconnaissance du cadre juridique, le recruteur ne s’y aventure pas
  • La vérification des diplômes: les écoles sont souvent réticentes à donner des informations sur les diplômes que le candidat annonce posséder

Et si on s’inspirait des Anglo-Saxons?

Et oui, nos amis Anglo-saxons sont en avance sur le sujet. Le contrôle de références est entré dans les mœurs depuis quelques années. Au Canada par exemple, c’est une obligation légale. En Grande-Bretagne et aux États-Unis, c’est une pratique de plus en plus courante. Généralement, le contrôle de CV est un module directement intégré dans les logiciel de gestion CRH et la tâche est automatiquement externalisée auprès de prestataires spécialisés. Ils délivrent ensuite un rapport aux entreprises accompagné d’un document certifiant le rapport. Les employeurs potentiels ont aussi la possibilité de le valider avec leurs prestataires. Ainsi, les candidats présentant un CV certifié prennent une longueur d’avance sur les autres qui veulent le même poste.

En présentant aux recruteurs une certification de son CV, le candidat se positionne sous son meilleur jour et entame une relation de confiance directe lors d’un entretien d’embauche. Et cette relation de confiance instantanée, n’est ce pas ce recherche en priorité le recruteur? De plus, avec un marché du travail qui s’est internationalisé, la vision du marché du travail est plus vaste, plus opaque, et le manque d’informations pousse les entreprises à faire appel à des prestataires externes pour s’assurer des compétences qu’avancent un candidat.

En France, plusieurs société spécialisées dans le contrôle de CV existent. En tapant « contrôle de CV » sur Google, vous tomberez par exemple sur QualiCV, Control-CV ou encore Authentique CV.

Alors le contrôle de CV, mythe ou réalité? Que pensez-vous de la vérification des références des candidats? Avez-vous des exemples de recrutement qui ont échoué à cause de références trompeuses sur le CV? Engageons la discussion et partageons nos expériences!

Cyrille

Community Manager. "Je recrute, vous recrutez, nous recrutons !"Notre compte Twitter ► @Recrutons

Community Manager. "Je recrute, vous recrutez, nous recrutons !" Notre compte Twitter ► @Recrutons

  • Bonjour, on retrouve également Vérifdiploma (spécialisé dans la vérification de diplôme) et Check-it (spécialisé dans la vérification de CV : diplômes, expériences professionnelles, identité, casier judiciaire) 🙂
    N’hésitez pas à visiter notre site !

  • fan lo

    Personnellement je trouve que ce n’est pas correcte d’enquêter sur le parcours d’une personne sans lui en avoir parlé avant ou sans lui demander son accord au préalable, les candidats ne demandent pas la liste des anciens salariés de l’entreprise dans laquelle ils postulent pour vérifier si l’employeur est honnête !!! il y a un désiquilibre dans la balance…

  • Sebastian Valmont

    Si la personne apporte entière satisfaction, en quoi le fait que son CV soit falsifié est un problème ? La période d’essai et l’entretien sont normalement suffisant pour juger de la qualité d’un salarié. Pourquoi se focaliser entièrement sur le CV plutôt que sur les compétences ?
    On peut avoir un salarié avec un diplôme qui ne sera pas forcément plus compétent que le même candidat sans le diplôme en question. Quid de l’employé qui s’est formé lui même en auto-didacte ?
    Si on veut débloquer un peu le marché de l’emploi, arrêtons de nous focaliser sur le CV.

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